Idola Saint-Jean fut l’une des suffragettes les plus influentes du XXe siècle. Elle a consacré sa vie à la lutte pour le droit de vote des femmes et à la réforme du Code civil dans la province de Québec. Elle est intervenue à la radio, a participé à des manifestations et à des audiences parlementaires, et a rédigé des mémoires ainsi que des articles de journaux pour promouvoir le féminisme auprès des Québécois. Pour en savoir plus, consultez montrealyes.
Jeunesse
Idola Saint-Jean est née le 19 mai 1880 à Montréal. Elle a grandi dans la famille d’un avocat. Elle a fait ses études secondaires à l’école Villa-Maria, dirigée par les religieuses de la Congrégation de Notre-Dame de Montréal, où elle a étudié l’écriture, l’arithmétique, la lecture, la géographie et l’histoire. Idola Saint-Jean a également suivi des cours de diction et de mise en scène à l’école de théâtre de Julia Bennati, ce qui lui a permis de développer d’excellents talents d’oratrice.
Dès l’âge de vingt ans, Idola a commencé une carrière d’actrice dans les théâtres de Montréal et d’autres villes du Québec. Pour gagner sa vie, elle donnait parallèlement des cours de diction et d’art oratoire à Villa-Maria et dans d’autres écoles de la ville. En 1903, elle s’est rendue à Paris pour prendre des leçons auprès du célèbre acteur Constant Coquelin et a également suivi des cours à l’Université de la Sorbonne.
À son retour au Canada, Idola Saint-Jean est devenue professeure de français à l’Université McGill. C’est là qu’elle a rencontré Carrie Derick, connue pour avoir été la première femme professeure titulaire dans une université canadienne.
En plus de son travail d’enseignante, Idola Saint-Jean a commencé à s’engager activement sur le plan social. Elle donnait des cours de diction publics et a travaillé comme secrétaire au comité catholique du tribunal de Montréal, où elle s’occupait des cas de jeunes délinquants. Pendant la Première Guerre mondiale, elle a dirigé un comité de secours d’urgence.
Carrière politique
En 1922, Idola, aux côtés de Marie Lacoste Gérin-Lajoie et Anna Marks Lyman, a fondé le Comité provincial pour le suffrage féminin. En février 1922, une délégation de 400 à 500 femmes a rencontré le premier ministre du Québec, Louis-Alexandre Taschereau, pour convaincre le gouvernement de soutenir un projet de loi accordant le droit de vote aux femmes lors des élections provinciales. Cependant, l’idée a été reportée après la deuxième lecture.
En 1927, Idola Saint-Jean a fondé l’Alliance canadienne pour le vote des femmes du Québec, une organisation qui se souciait particulièrement de l’amélioration de la situation juridique des femmes issues de familles pauvres. À la même époque, Thérèse Casgrain a transformé le Comité provincial pour le suffrage féminin en Ligue des droits de la femme, qui ciblait davantage les femmes de la classe moyenne et de la bourgeoisie. Chaque année, Idola et Thérèse présentaient divers projets de loi à Québec pour surmonter l’opposition à l’octroi du droit de vote aux femmes.
Parallèlement, Idola Saint-Jean travaillait à l’amélioration du Code civil. Devant la Commission Dorion, elle a demandé que l’âge légal du mariage soit porté à 16 ans, alors qu’il était à l’époque de 14 ans pour les garçons et de 12 ans pour les filles. Elle a également insisté sur le fait que les femmes devaient avoir le même droit que leur mari de refuser le mariage de leurs enfants, de retirer de l’argent d’une assurance, etc. Les conclusions de la commission ont été publiées le 15 février 1930. Elles abolissaient la nécessité pour une femme d’obtenir l’autorisation de son mari pour disposer de ses propres biens, relevaient l’âge du mariage pour les femmes à 14 ans et leur accordaient le droit d’être témoins lors de la signature d’un testament notarié.
Première femme candidate au Parlement fédéral
En 1930, Idola Saint-Jean a posé sa candidature aux élections fédérales dans la circonscription de Montréal-Dorion–Saint-Denis, devenant ainsi la première femme candidate de l’histoire du Québec. Bien qu’elle sache qu’elle avait peu de chances d’être élue, elle a utilisé cette occasion pour attirer l’attention sur la nécessité d’accorder le droit de vote aux femmes. Au final, elle a recueilli 3 000 voix.
Grâce à son militantisme politique, Idola Saint-Jean a joué un rôle crucial dans l’obtention du droit de vote pour les femmes du Québec, qui est entré en vigueur le 25 avril 1940.
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