lundi, février 16, 2026

Comment Jacques Parisot a tenté d’obtenir l’indépendance du Québec

Jacques Parizeau a été le 26e premier ministre du Québec et a consacré de grands efforts à la cause de l’indépendance de la province, un projet qui, selon lui, devait favoriser le développement économique, social, environnemental et culturel. Pour en savoir plus sur le parcours de cet homme politique, consultez montrealyes.

Jeunesse

Jacques Parizeau est né à Montréal le 9 août 1930. Il a grandi dans une famille aisée ; son père était assureur et homme d’affaires. Ses parents soutenaient le bilinguisme au Québec, c’est pourquoi, dès son enfance, Jacques Parizeau a appris l’anglais au même titre que le français.

Il a fait ses études secondaires au Collège Stanislas de Montréal. Il a ensuite étudié à HEC Montréal (l’École des hautes études commerciales), qui faisait alors partie de l’Université McGill. Grâce à ses excellents résultats scolaires, son professeur et mentor, François-Albert Angers, a obtenu que l’université finance ses études en Europe. En contrepartie, Jacques Parizeau devait, après l’obtention de son doctorat, revenir à Montréal pour enseigner à HEC. En effet, dans les années 1950, la discrimination à l’encontre de la population francophone était flagrante, bien qu’elle constituât la majorité des habitants du Québec. Les Canadiens anglophones bénéficiaient de meilleurs salaires et occupaient la plupart des postes de direction. C’est pourquoi le professeur Angers cherchait à former une élite francophone capable de surmonter cette ségrégation.

À 21 ans, Jacques Parizeau est entré à l’Institut d’études politiques de Paris, puis à la Faculté de droit de Paris. Une fois diplômé, le professeur Angers a insisté pour qu’il poursuive ses études à Paris. Cependant, Parizeau, convaincu que les diplômes français étaient peu valorisés, a décidé de s’installer à Londres, où il s’est inscrit à la London School of Economics (LSE). Après avoir obtenu son doctorat en économie, Jacques Parizeau est finalement retourné au Canada pour enseigner à HEC Montréal, comme convenu.

Les débuts de sa carrière politique

Le 22 juin 1960, le Parti libéral de Jean Lesage est arrivé au pouvoir, déclenchant une série de réformes connues sous le nom de « Révolution tranquille ». Cette période a donné un élan à la lutte pour les droits nationaux et linguistiques des Québécois. De nouveaux mouvements prônant une large autonomie, et parfois même l’indépendance complète du Québec, ont vu le jour, notamment le Parti Québécois, fondé en 1968.

C’est à cette époque que son collègue de HEC, Roland Parenteau, a invité Jacques Parizeau à rejoindre le Conseil d’orientation économique du Québec. Parmi les principales réalisations de Parizeau à ce poste figurent la nationalisation de l’hydroélectricité (Hydro-Québec), la nationalisation des mines de l’Asbestos Corporation Limited et l’élaboration du Régime de rentes du Québec.

En 1976, Jacques Parizeau est devenu ministre des Finances du Québec dans le gouvernement du premier ministre René Lévesque. L’une de ses réformes importantes fut le Régime d’épargne-actions (RÉA), conçu pour réduire les impôts des classes pauvre et moyenne et les augmenter pour les plus riches.

Jacques Parizeau, premier ministre

En 1984, en raison de divergences d’opinions avec le premier ministre, Jacques Parizeau a démissionné de son poste de ministre des Finances. Il est cependant revenu au parti trois ans plus tard, après la défaite électorale du chef du Parti Québécois, Pierre-Marc Johnson. Dès 1988, Jacques Parizeau a lui-même pris la tête du parti. Cinq ans plus tard, le Parti Québécois a remporté une majorité de sièges au gouvernement, et Parizeau est devenu premier ministre, promettant d’organiser un référendum sur la souveraineté du Québec.

La promesse fut tenue, et le 30 octobre 1995, les Québécois ont eu l’occasion de choisir l’avenir de leur province. Pour Jacques Parizeau, ce référendum était l’aboutissement de 35 ans de carrière politique. Il avait promis de quitter son poste de premier ministre si le référendum échouait. Au terme du vote, le Québec n’a pas obtenu son indépendance : le « non » l’a emporté avec 50,6 % des voix. Le lendemain, comme il s’y était engagé, Jacques Parizeau a mis fin à sa carrière politique.

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