lundi, février 16, 2026

La carrière politique de Camille Ouda à Montréal

Montréal, ville dynamique et multiculturelle nichée au cœur du Québec, a vu naître au fil des siècles de nombreuses figures politiques qui ont chacune laissé leur empreinte. L’une d’elles est Camillien Houde : agent d’assurance, banquier, maire de Montréal, chef du Parti conservateur du Québec et député à la Chambre des communes du Canada. Malgré ses succès politiques retentissants, sa vie fut marquée par la tragédie. Pour en savoir plus, consultez montrealyes.

Jeunesse et formation

Camillien Houde est né en 1889 et a grandi à Montréal. Toute sa vie, il a habité dans le quartier ouvrier de Sainte-Anne. Le drame de sa vie et de sa famille tient en un fait poignant : il fut le seul survivant d’une fratrie de dix enfants. Tous ses frères et sœurs sont décédés avant même d’atteindre l’âge de deux ans.

Son père était un simple ouvrier, contremaître dans un moulin à farine de Montréal. Mais lorsque Houde n’avait que 9 ans, son père est décédé des suites d’une tuberculose. Sa mère a dû alors trouver un emploi pour subvenir à leurs besoins. Elle a commencé à travailler comme couturière dans une usine de textile.

Houde n’a pratiquement pas eu d’enfance. Dès la fin de ses études primaires, il a commencé à travailler comme livreur pour une boucherie locale. Plus tard, il a tout de même décidé de poursuivre sa formation au Collège LaSalle. Durant ses études, il a démontré de grandes aptitudes intellectuelles et a également révélé une personnalité créative.

Une fois son diplôme en poche, il a commencé à travailler dans une banque à Montréal. Mais la série d’événements tragiques n’était pas terminée. À 16 ans, il a épousé sa bien-aimée, Berthe-Andrée, avec qui il a eu deux filles. Malheureusement, au plus fort de la pandémie de grippe espagnole au début du 20e siècle, sa femme est tombée malade et en est décédée, le laissant seul avec ses deux enfants. Quelques années plus tard, Houde s’est remarié avec Georgette Falardeau, celle qui allait l’initier à la politique.

Parcours politique

Pendant plusieurs années, et notamment sous l’influence de sa femme Georgette, Camillien Houde s’est intéressé au Parti conservateur du Québec. Son parcours politique a débuté par son engagement dans des organisations communautaires locales. Conscient de la force de l’action collective, Houde a participé activement à diverses campagnes visant à améliorer la qualité de vie en ville. Cette expérience lui a permis de tisser des liens avec des Montréalais de tous horizons et de comprendre leurs préoccupations et leurs aspirations.

Peu de temps après, Houde a été élu député de la circonscription de Montréal–Sainte-Marie. Son style oratoire flamboyant et son charisme exceptionnel ont rapidement fait de lui une légende. À 33 ans, il est devenu le plus jeune député de l’Assemblée. Son élection a marqué une étape importante dans l’histoire politique de Montréal.

Finalement, son parcours politique l’a mené aux élections municipales de Montréal en 1928. Il a remporté la victoire et a occupé ce poste prestigieux pendant un total de 18 ans, répartis comme suit :

  • de 1928 à 1932 ;
  • de 1934 à 1936 ;
  • de 1938 à 1940 ;
  • de 1944 à 1954.

Qu’a fait Houde pour Montréal ?

Durant ses mandats de maire, Camillien Houde a défendu de nombreuses initiatives politiques pour répondre aux problèmes urgents de son époque. Reconnaissant la nécessité d’améliorer la santé publique, il a plaidé pour de meilleurs systèmes sanitaires, un accès à l’eau potable et la création d’hôpitaux et de cliniques publics. Il s’est également concentré sur l’urbanisme, cherchant à créer des espaces verts et à introduire des règlements de zonage qui privilégiaient la santé publique et la durabilité environnementale.

L’engagement de Houde en faveur de l’éducation s’est manifesté par ses efforts pour élargir les possibilités offertes aux jeunes de Montréal. Il a mené des initiatives pour augmenter le financement des écoles, améliorer les programmes d’études et promouvoir des programmes de formation pour adultes. Houde était fermement convaincu que l’éducation était la clé de la mobilité sociale et d’une société plus juste.

Le camp d’internement

La vie de Houde semblait suivre un schéma : dès que les choses s’amélioraient, un événement terrible survenait. L’un de ces tournants s’est produit en 1940. Houde s’opposait à la politique du premier ministre Mackenzie King et à son décret de 1940 sur l’enregistrement obligatoire de tous les Canadiens aptes au service militaire. Il a dénoncé publiquement et avec virulence cette mesure, déclarant qu’il ne s’y soumettrait pas et a appelé les citoyens de Montréal et d’ailleurs à faire de même.

Finalement, son opposition a mené à son arrestation par la police, qui l’attendait un jour de 1940 à l’hôtel de ville. Il a été emprisonné sans procès et transporté secrètement, de nuit, vers un camp d’internement. Là-bas, on a tenté de le briser psychologiquement. On lui a attribué un numéro, le 694, à la place de son nom. Il lui était interdit de parler à quiconque, et tout contact avec sa famille ou ses avocats était proscrit. Sa principale tâche était de couper du bois. Cette situation a duré jusqu’en 1944, année de sa libération et de son retour à Montréal. Lorsqu’il est descendu du train, une foule de plusieurs dizaines de milliers de personnes, dont ses amis, l’a accueilli en héros. La résistance pacifique et digne de Houde face à la répression en temps de guerre lui a valu le respect du public et a fait de lui une véritable légende vivante.

Après son retour du camp, il a entamé son dernier mandat de maire de Montréal, de 1944 à 1954. Après avoir quitté la mairie, il est resté actif en politique municipale et fédérale jusqu’à son décès en 1958.

.......