lundi, février 16, 2026

Pages militaires de l’histoire : comment Montréal a vécu pendant la Seconde Guerre mondiale

Le 1er septembre 1939, l’Allemagne nazie envahit la Pologne. La France et l’Angleterre déclarent immédiatement la guerre à l’envahisseur. Le 9 septembre, le Canada entre à son tour dans le conflit. Pour en savoir plus sur la vie à Montréal pendant la guerre et sur la manière dont la ville a contribué à vaincre la machine de guerre allemande, consultez le site montrealyes.com.

L’économie de guerre

Dès la déclaration de guerre à l’Allemagne, l’économie de Montréal s’est orientée vers les besoins militaires. Après plusieurs années de crise, la ville s’est retrouvée dans une situation de quasi-plein emploi. Ce contexte a également favorisé une forte demande pour la main-d’œuvre féminine sur le marché du travail montréalais de l’époque.

Aux usines Angus, dans le quartier Rosemont, 12 000 ouvriers construisent 1 700 chars d’assaut destinés aux combats outre-mer. La compagnie Vickers produit une trentaine de navires de guerre, et les usines de munitions tournent à plein régime. Le gouvernement du Canada construit le nouvel aéroport de Montréal à Dorval, car l’aéroport de Saint-Hubert ne suffit plus à la demande.

Mais il y avait aussi des aspects négatifs. Pour les citoyens, cela signifiait le rationnement des produits alimentaires de tous les jours : beurre, lait, viande, sucre, thé, café, etc. Chacun possédait son propre carnet de rationnement.

Les divertissements en temps de guerre

Les autorités municipales ont profité de l’occasion pour demander aux Montréalais d’économiser l’eau. Cette mesure n’était pas motivée par des considérations écologiques, mais plutôt par des raisons économiques, en raison de la pénurie de matériaux nécessaires à la production de guerre. Des mesures de protection civile sont mises en place, y compris en prévision de possibles raids aériens. Les Montréalais devaient être prêts à toute éventualité. On les encourageait également à acheter des certificats d’épargne de guerre.

Malgré la guerre, la vie théâtrale de Montréal est très riche et les cabarets sont particulièrement animés. Cette vie culturelle est stimulée par les soldats en permission qui affluent en grand nombre dans la ville. Le revers de la médaille, cependant, est le retour en force des maisons de jeu et de la prostitution.

Le commandement militaire s’est inquiété du taux élevé de maladies vénériennes parmi les soldats. En janvier 1944, il a convoqué les représentants de la municipalité pour leur poser un ultimatum : fermer le quartier du « Red Light », ou la ville serait déclarée zone interdite pour les troupes.

Cette menace, si elle avait été mise à exécution, aurait eu de graves conséquences sur l’économie et la réputation de Montréal. Le 2 février, toutes les maisons closes ont mystérieusement fermé leurs portes simultanément, sans même l’intervention de la police.

La politique en temps de guerre

Au début de la guerre, Camillien Houde était maire de Montréal. Il s’est cependant opposé à l’enregistrement national mis en place par le premier ministre du Canada pour tous les hommes et femmes âgés de 16 à 60 ans. Selon lui, cette initiative n’était qu’un premier pas vers la conscription des Canadiens français, qui gardaient un souvenir douloureux de la Première Guerre mondiale de 1914-1918.

Le 5 août 1940, il a été arrêté par la Gendarmerie royale du Canada à sa sortie de l’hôtel de ville. Il a ensuite été envoyé au camp d’internement de Petawawa en Ontario, puis à Fredericton l’année suivante.

La même année, le gouvernement du Québec a mis Montréal sous tutelle, instaurant un régime municipal non démocratique avec 99 conseillers municipaux, dont un tiers n’était pas élu. Bien qu’Adélard Raynault ait été élu maire, ses pouvoirs étaient réduits.

Lors du plébiscite de 1942, année du tricentenaire de Montréal, les Canadiens français se sont majoritairement opposés à la possibilité de la conscription pour le service militaire outre-mer. Ils se sont toutefois retrouvés en minorité à l’échelle du pays.

En août 1944, Camillien Houde a été libéré. Il a reçu un accueil triomphal à Montréal et, à la fin de l’année, les habitants de la ville l’ont réélu maire.

Le 7 mai 1945, l’Allemagne nazie capitule. Les Montréalais descendent dans la rue Sainte-Catherine pour célébrer l’événement. Ils feront de même en août, après la capitulation du Japon.

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